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Fruits et légumes contre cancer de prostate – Biblio

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Photo Pixabay – ulleo

Effets des produits de la tomate

Chez des patients

Cette étude expérimentale est réalisée avant chirurgie chez des patients ayant un cancer de prostate, sur 3 semaines. La prise de produits de tomate riche en lycopène n’améliore pas le PSA pour l’ensemble des patients ; néanmoins, si on considère les patients à risque intermédiaire (après analyse de la tumeur), on observe qu’avec des produits de la tomate, ceux-ci baissent significativement leur PSA en comparaison des témoins. L’effet est d’autant plus fort que le taux de lycopène augmente dans le sang et que la tumeur est plus grave.  Tomato-based randomized controlled trial in prostate cancer patients: Effect on PSA. Clin Nutr, Paur I et coll, 2017. doi: 10.1016/j.clnu.2016.06.014. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27406859

Dans cette étude de suivi de patients porteurs de cancer de prostate et traités, la prise de lycopène ou de tomate n’est pas associée à la mortalité par cancer pour l’ensemble d’entre eux. Néanmoins, chez les patients porteurs de tumeurs à haut risque, une prise élevée de lycopène ou de tomate est associée à une baisse de la mortalité. Lycopene, tomato products and prostate cancer-specific mortality among men diagnosed with nonmetastatic prostate cancer in the Cancer Prevention Study-II Nutrition Cohort. Int J Cancer, Wang Y et coll, 2016. doi: 10.1002/ijc.30027. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26830232

Chez des patients porteurs de cancer de prostate traités chirurgicalement, un taux élevé de caroténoïdes (dont lycopène, qui provient essentiellement des tomates) dans le sang est associé à une baisse de la gravité des tumeurs. Pour les tumeurs graves, un taux élevé de lycopène est associé à une diminution de l’instabilité tumorale, élément de gravité supplémentaire. Associations between circulating carotenoids, genomic instability and the risk of high-grade prostate cancer. Prostate, Nordström T et coll, 2016. doi: 10.1002/pros.23125. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26585352

Dans une population en bonne santé

De cette analyse à partir de populations internationales, on observe que la consommation de lycopène (assez caractéristique de la tomate) est associée à une baisse de la survenue des formes agressives de cancers de prostate. Carotenoids, retinol, tocopherols, and prostate cancer risk: pooled analysis of 15 studies. Am J Clin Nutr, Key JK et coll, 2015. doi:10.3945/ajcn.115.114306. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26447150

Dans ce suivi d’une population aux USA, une faible prise de lycopène est associée à une augmentation de risque de cancers de prostate agressifs chez les hommes porteurs d’une forme altérée du gène antioxydant SODMn (concerne un quart de la population). Manganese superoxide dismutase (MnSOD) gene polymorphism, interactions with carotenoid levels and prostate cancer risk. Carcinogenesis. Mikhak B et coll, 2008. doi: 10.1093/carcin/bgn212. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18784358

Cette étude compare des cas de cancer de prostate à des témoins. Un indicateur de prise de lycopène (provient essentiellement de la tomate) montre qu’une prise importante est liée à une baisse de survenue de la maladie pour une forme altérée d’un gène inflammatoire (COX 2). On trouve cette forme altérée dans 28% des cas. Polymorphisms in inflammatory genes, plasma antioxidants, and prostate cancer risk. Cancer Causes Control. Zhang J et coll, 2010. doi: 10.1007/s10552-010-9571-0. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/20431935

Dans ce suivi de près de 50000 hommes aux USA, une prise élevée de lycopène (provient essentiellement des tomates) est associée à une baisse des cancers de prostate, notamment mortels. Le lycopène réduirait le potentiel angiogénique des tumeurs. Dietary lycopene, angiogenesis, and prostate cancer: a prospective study in the prostate-specific antigen era. J Natl Cancer Inst, 2014. Zu K et coll, doi: 10.1093/jnci/djt430. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24463248

Dans cette étude comparant des hommes atteints de cancers de prostate à des témoins au Royaume-Uni, les auteurs observent qu’un index alimentaire anticancer de prostate est bien associé à une baisse de risque de la maladie. Cet index comprend une consommation suffisante de produits de la tomate (tomate fraîche, jus et sauce tomate, pizza, haricots à la tomate), de sélénium, et au contraire, évite les excès de calcium. Adherence to dietary and lifestyle recommendations and prostate cancer risk in the Prostate Testing for Cancer and Treatment (ProtecT) trial. Cancer Epidemiol Biomarkers Prev, 2014. Er V et coll, doi:10.1158/1055-9965.EPI-14-0322. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25017249

Dans ce suivi d’hommes aux USA, la consommation de sauce tomate est associée à une diminution de risque des cancers de prostate présentant une particularité génétique (fusion de gènes, environ 50% des cas). Dietary lycopene intake and risk of prostate cancer defined by ERG protein expression. Am J Clin Nutr, 2016. Graff E et coll, doi:10.3945/ajcn.115.118703. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26817504

Dans cette revue les auteurs étudient les facteurs protecteurs ou aggravants du cancer de prostate et de la mortalité correspondante. Les études suggèrent fortement que les produits de la tomate comme la sauce, ou le taux de lycopène (issu de la tomate) circulant dans le sang sont associés à une baisse de risque de développement des formes graves. Chez les patients déjà atteints, les effets sont moins clairs, avec des résultats variables sur la progression de la maladie, et néanmoins une baisse du PSA par ailleurs. Le tout invite à poursuivre les études. Prostate cancer progression and mortality: a review of diet and lifestyle factors. World J Urol, 2017. Peisch SF et coll, doi: 10.1007/s00345-016-1914-3. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27518576

Dans cette analyse d’un ensemble d’études, une consommation élevée de tomates est associée à une baisse de risque de cancer de prostate de 19%. Notamment, les produits de la tomate (sauce, tomate cuite réduisent le risque, en contraste avec les tomates crues. Processed and raw tomato consumption and risk of prostate cancer: a systematic review and dose-response meta-analysis. Rowles JL et coll. 2018. Prostate Cancer Prostatic Dis. doi: 10.1038/s41391-017-0005-x.   https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/29317772

Ensemble des fruits et légumes

De cette analyse d’un ensemble d’études, les auteurs déduisent que les légumes crucifères sont associés à une baisse de cancer de prostate selon les études cas contrôle mais pas selon les études de suivi. Cruciferous vegetables intake and risk of prostate cancer: A meta-analysis. Liu B et coll. International Journal of Urology (2012) 19, 134–141 doi: 10.1111/j.1442-2042.2011.02906.x.   https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22121852 

De cette analyse d’un ensemble d’études, les auteurs déduisent que les fruits et légumes dans leur ensemble interviennent peu sur le cancer de prostate, à l’exclusion de sources de lycopène de la tomate bien assimilables. A Pooled Analysis of 15 Prospective Cohort Studies on the Association Between Fruit, Vegetable, and Mature Bean Consumption and Risk of Prostate Cancer. Petimar J et coll., 2017. Cancer Epidemiol Biomarkers Prev. doi:10.1158/1055-9965.EPI-16-1006.   https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28446545

Dans cette étude de suivi d’une population au Royaume-Uni, comparant cas et témoins, les facteurs alimentaires sont peu liés au cancer de prostate. Prostate cancer risk related to foods, food groups, macronutrients and micronutrients derived from the UK Dietary Cohort Consortium food diaries. Lane JA et coll., 2017. European Journal of Clinical Nutrition, doi:10.1038/ejcn.2016.162.   https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27677361

Novembre 2017 mis à jour en Avril 2019 © Viviane de La Guéronnière

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