Peut-on réduire le risque de maladie d’Alzheimer avec l’alimentation ?


En un clin d’œil

Baisse du risque de survenue de la maladie d’Alzheimer de 35 à 90% ; diminution du risque de déclin cognitif de 66% sur 6 ans, amélioration de tests de mémoire : c’est ce que montrent des expérimentations et observations récentes, avec une alimentation méditerranéenne. Les chercheurs « traquent » les aliments efficaces, établissent des listes et montrent des effets… de rajeunissement. Prenez-en connaissance, pour en profiter !

L'alimentation, un atout santé pour le cerveau

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En France, on estime à 1,3 millions le nombre de personnes atteintes en 2030. Hormis son coût considérable pour la société, c’est une cause majeure de handicap et de mortalité. A ce jour, aucun médicament ne s’est avéré réellement efficace. Et pourtant, il est possible de réduire le risque d’en être atteint.

D’où vient cette maladie ?

 Aujourd’hui, on ignore pourquoi et comment elle se déclare ; elle est favorisée par certains gènes, mais leur rôle est loin d’être absolu. Elle pourrait partager des facteurs de risque communs avec les maladies cardiovasculaires. L’alimentation joue un rôle important.

En vieillissant, des « troubles cognitifs légers » peuvent se produire ; ils se stabiliseront le plus souvent, mais évoluent quelquefois vers une maladie d’Alzheimer. Les chercheurs s’y intéressent comme une cible de traitement ou de prévention des troubles intellectuels en général.

Pas totalement impuissants

 Avec une alimentation méditerranéenne, le déclin cognitif ralentit (par exemple, diminution du risque de déclin cognitif de 66% sur 6 ans ½), et les scores des tests  neuropsychologiques s’améliorent : c’est ce que montrent des études expérimentales, et beaucoup d’observations. On relève aussi des diminutions de risque de maladie d’Alzheimer de 35 à 90% dans les études d’observations, entre faibles et fortes adhésions à ce régime.  Les études ne montrant pas d’effets sont rares. Le régime méditerranéen semble aussi réduire l’atrophie cérébrale liée à l’âge.

alimentation : des effets favorables contre la maladie dAlzheimer

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Mais qu’y a-t-il plus particulièrement DANS cette alimentation ?

Une équipe de Chicago a introduit un concept de « MIND diet », assez représentatif de l’ensemble des recherches ; l’objectif est d’avoir le score le plus élevé possible :

POINTS 0 0,5 1
Légumes à feuilles vertes 2 fois par semaine et moins 3 à 5 fois par semaine Au moins 6 fois par semaine
Autres légumes Moins de 5 fois par semaine 5 à 6 fois par semaine Au moins 1 fois par jour
Baies (MIND)

Fruits (en général)

Moins d’1 fois par semaine 1 fois par semaine Plus de 2 fois par semaine
Noix Moins d’une fois par mois 1 fois par mois à moins de 5 fois par semaine Au moins 5 fois par semaine
Huile d’olive N’est pas l’huile d’utilisation de base Huile en utilisation de base
Beurre, margarine Plus de 2 fois par jour 1 à 2 fois par jour Moins d’1 fois par jour
Fromage Au moins 1 fois par jour 1 à 6 fois par semaine Moins de 6 fois par semaine
Céréales complètes Moins d’1 fois par jour 1 à 2 fois par jour Plus de 3 fois par jour
Poisson (non frit) Rarement 1 à 3 fois par mois Plus d’1 fois par semaine
Légumineuses Moins d’1 fois par semaine 1 à 3 fois par semaine Plus de 3 fois par semaine
Volailles Moins d’1 fois par semaine 1 fois par semaine Au moins 2 fois par semaine
Viande rouge et charcuteries Au moins 1 fois par jour 4 à 6 fois par semaine Moins de 4 fois par semaine
Aliments frits en fast food (frites, nuggets) Au moins 4 fois par semaine 1 à 3 fois par semaine Moins d’1 fois par semaine
Pâtisseries et bonbons, glaces Au moins 1 fois par jour 5 à 6 fois par semaine Moins de 5 fois par semaine
Vin plus d’un verre par jour ou jamais 1 verre par mois à 1 verre par semaine 1 verre par jour
SCORE MAXIMUM 15 POINTS

(D’après Morris MC et coll, MIND diet slows cognitive decline with aging, Alzheimers Dement. 2015, doi:  10.1016/j.jalz.2015.04.011)

Rajeunissement

Dans l’étude de Chicago, le tiers des participants aux scores les plus hauts avait  en moyenne 9,5 points (8,5 à 12,5), et le tiers inférieur avait 6 points (de 2,5 à 6,5). Après environ 5 ans, le déclin cognitif était plus bas pour le tiers « top score », équivalent à 7,5 années de moins.

Rajeunissement

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A la loupe

Zoomons sur les poissons gras, riches en omégas 3 (saumon, maquereau, sardines…). Une portion par semaine améliore de façon sensible le déclin cognitif (une étude rapporte un « gain » en rajeunissement de plus d’un an et demi), et réduit de moitié au moins le risque de maladie d’Alzheimer. L’imagerie médicale montre un volume cérébral plus important, avec moins de petits infarctus cliniquement silencieux. Les atouts : les omégas 3 du poisson certes, mais aussi leur richesse en vitamines B6 et B12.

Poissons gras contre le déclin cognitif

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Quand le plaisir fait du bien

Changeons de registre, celui-ci ne fait pas partie du régime méditerranéen, le chocolat apporte une amélioration des performances cognitives selon de nombreuses études expérimentales, et une amélioration du fonctionnement cérébral de zones particulièrement touchées lors du vieillissement. Des effets bénéfiques sont observés dès 10 g/j ; on dispose cependant de peu d’études à long terme sur la maladie d’Alzheimer et le déclin cognitif. Préférez le chocolat noir, le plus riche en flavanols, substances efficaces.

chocolat pour la cognition

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Et aussi

Les boissons alcoolisées en quantités modérées (un verre par jour) sont candidates, des consommations plus importantes favorisant au contraire la maladie d’Alzheimer.

L’activité cérébrale (les exercices que l’on fait soi-même) améliore les tests neuropsychologiques, mais indépendamment de la survenue d’une maladie d’Alzheimer ; chez les personnes touchées, ce type d’exercice (en anticipation) retarde la dégradation mentale grâce à cette « réserve intellectuelle » ainsi constituée.

Et pour finir, de l’activité physique régulière, et enfin, contrôler son poids : rester autant que possible dans la normalité, un excès tant qu’une insuffisance pouvant être des facteurs de risque.

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En savoir +

Déclin cognitif, régime méditerranéen et apparentés

Dans cette étude expérimentale Predimed-Barcelone, chez des patients à risque cardiovasculaire élevé âgé de près de 75 ans, sur 6 ans ½, ceux qui sont assignés à un régime méditerranéen présentent un meilleur score aux tests, en comparaison de témoins qui suivent un régime réduit en graisses.JAMA Internal Medicine, Valls-Pedret et coll. Mediterranean Diet and Age-Related Cognitive Decline. A Randomized Clinical Trial. 2015, May 11, 2015. doi:10.1001/jamainternmed.2015.1668.  https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25961184

Dans cette étude expérimentale, des personnes âgées de 60 à 77 ans, assignées à un programme comprenant activité physique, recommandations alimentaires et activité cognitive, présentent après 2 ans une amélioration de tests neuropsychologiques par rapport au groupe témoin qui a reçu des conseils généraux.Lancet, Ngandu T. et coll. A 2 year multidomain intervention of diet, exercise, cognitive training, and vascular risk monitoring versus control to prevent cognitive decline in at-risk elderly people (FINGER): a randomised controlled trial. 2015, DOI: http://dx.doi.org/10.1016/S0140-6736(15)60461-5https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25771249

Dans cette étude expérimentale Predimed-Navarra, dans un sous-groupe de volontaires à risque cardiovasculaire élevé, âgés de 74 ans, sur près de 6 ans ½, ceux qui sont assignés à un régime méditerranéen avec huile d’olive présentent 66% de risque en moins de présenter un déclin cognitif léger. Virgin olive oil supplementation and long-term cognition: the PREDIMED-NAVARRA randomized, trial. Martínez-Lapiscina EH et coll, 2013, J Nutr Health Aging, doi: 10.1007/s12603-013-0027-6. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23732551

Dans cette étude expérimentale Predimed-Navarra, chez des patients à risque cardiovasculaire élevé âgés de près de 67 ans, sur près de 6 ans ½, ceux qui sont assignés à un régime méditerranéen ave huile d’olive présentent un meilleur score aux tests RAVLT et Color Trail Test 2, en comparaison de témoins qui suivent un régime réduit en graisses. Journal of Neurology, Neurosurgery & Psychiatry, Martínez-Lapiscina et coll. Mediterranean diet improves cognition: the PREDIMED-NAVARRA randomised trial. 2013, 2013;84(12):1318-1325. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23670794

Dans cette revue sur régime méditerranéen et cognition chez les adultes (à partir des études de suivi), les auteurs relèvent qu’une adhésion élevée à un régime de type méditerranéen est associée à un ralentissement du déclin cognitif, une baisse de l’évolution vers la maladie d’Alzheimer, et une amélioration des fonctions intellectuelles, notamment pour la mémoire et les fonctions exécutives (capacité à réagir à une situation nouvelle). L’utilisation d’un modèle alimentaire comme le régime méditerranéen devrait faire partie de notre arsenal pour maintenir la qualité de vie et réduire le fardeau potentiel social et économique de la démence. Adherence to a Mediterranean-Style Diet and effects on Cognition in Adults: A Qualitative evaluation and Systematic Review of Longitudinal and Prospective Trials. Hardman RJ et coll, 2016, Frontiers in Nutrition, doi: 10.3389/fnut.2016.00022.  https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27500135

Dans ce suivi de personnes âgées de 73 ans en moyenne au départ, sur 3 ans, les auteurs observent qu’une adhésion élevée au régime méditerranéen est associée à une diminution de l’atrophie cérébrale liée à l’âge. Mediterranean-type diet and brain structural change from 73 to 76 years in a Scottish cohort. Luciano M et coll, 2017. Neurology, 88:1–7.  https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28053008

Dans ce suivi de 823 personnes en Espagne âgées de 62 ans en moyenne, sur 6 à 8 ans, les auteurs observent un déclin cognitif plus important chez les personnes qui n’ont qu’une adhésion faible à modérée au régime méditerranéen. Mediterranean diet and cognitive function: the SUN project. Galbete C et coll, 2015. J Nutr Health Aging. doi: 10.1007/s12603-015-0441-z. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25732216

Dans ce suivi de près de 28000 personnes de 40 pays, sur 4 ans ½, les auteurs observent qu’un score de qualité alimentaire élevé est inversement associé au déclin cognitif (défini comme une perte de 3 points au test MMSE). En pratique, le top 20% des volontaires pour leur qualité alimentaire réduisent leur risque de déclin cognitif de 25% par rapport aux 20% inférieur. Neurology, Smyth et coll. Healthy eating and reduced risk of cognitive decline: A cohort from 40 countries. 2015, May 6. pii: 10.1212/WNL.0000000000001638.  https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25948720

Les auteurs créent un score alimentaire appelé MIND, à partir de scores de régime méditerranéen et d’un score alimentaire contre l’hypertension. Un bon suivi de ce score, comparé à un faible suivi, est associé à une réduction de déclin cognitif équivalent à un gain de 7 années et demie. Alzheimer’s & Dementia, Morris M.C. et coll. Mediterranean-dietary approach to systolic hypertension diet intervention for neurodegenerative delay diet slows cognitive decline with aging. 2015, doi:10.1016/j.jalz.2015.04.011.  https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26086182

Dans ce suivi de 400 personnes en Grèce âgées d’au moins 65 ans, le déclin cognitif est associé au régime méditerranéen. Chez les personnes qui ont un déclin élevé, il y a 66 % d’adhésion en moins  au régime méditerranéen, en comparaison de ceux qui n’ont pas de déclin. Les légumes ont un effet particulièrement marqué. Mediterranean diet and cognitive decline over time in an elderly Mediterranean population. Trichopoulou A et coll, 2015, Eur J Nutr. 2015, doi: 10.1007/s00394-014-0811-z. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25482573

Dans un suivi de plus de 900 personnes âgées de 58 à 98 ans, sur en moyenne 4 ans ½, une alimentation proche d’un régime protecteur « MIND » est associée à une réduction de risque de survenue de la maladie d’Alzheimer de 53% pour les plus forts adhérents par rapport aux plus faibles. Une forte adhésion à un régime méditerranéen donne les mêmes résultats. Alzheimer’s & Dementia, Morris M.C. et coll, 2015. MIND Diet Associated with Reduced Incidence of Alzheimer’s Disease. doi:10.1016/j.jalz.2014.11.009.  https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25681666

Dans ce suivi de plus de 17000 personnes aux USA, d’origines ethniques diverses, sur 4 ans, une adhésion plus élevée au régime méditerranéen est associée à une baisse de risque de déclin cognitif, notamment chez les personnes non-diabétiques (20% de risque en moins). Adherence to a Mediterranean diet and risk of incident cognitive impairment. Tsivgoulis G et coll, Neurology, 2013.  https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23628929

3831 personnes âgées de plus de 65 ans au départ suivies 11 ans, aux USA, présentent un meilleur score cognitif avec une meilleure adhésion au régime méditerranéen, avec un effet propre des noix, des légumineuses et des céréales complètes. Prospective study of Dietary Approaches to Stop Hypertension– and Mediterranean-style dietary patterns and age-related cognitive change: the Cache County Study on Memory, Health and Aging. Wengreen H et coll, Am J Clin Nutr 2013, doi: 10.3945/ajcn.112.051276.  https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24047922

Dans ce suivi de 6174 femmes âgées de plus de 65 ans sur 5 ans, un régime de type méditerranéen dans son ensemble n’est pas associé au déclin cognitif ; néanmoins, un équilibre favorable en lipides (peu de graisses saturées par rapport aux graisses mono-insaturées) est associé à une meilleure évolution, et la prise de céréales complètes à une meilleure performance cognitive globale. Mediterranean diet and cognitive function in older age: results from the Women’s Health Study. Samieri C et coll, 2013, Epidemiology, doi:10.1097/EDE.0b013e318294a065. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23676264

Dans ce suivi d’une population d’âge moyen, en France, l’adhésion d’un régime de type méditerranéen n’est pas associée aux fonctions cognitives. Mediterranean diet and cognitive function: a French study. Kesse-Guyot E et coll, Am J Clin Nutr, 2013, doi: 10.3945/ajcn.112.047993.  https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23283500

Dans ce suivi de près de 4000 personnes âgées de plus de 65 ans, sur près de 8 ans, une adhésion plus élevée au régime méditerranéen est associée à une diminution du déclin cognitif. Adherence to a Mediterranean-type dietary pattern and cognitive decline in a community population. Tangney CC et coll, Am J Clin Nutr, 2011, doi: 10.3945/ajcn.110.007369.  https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/21177796

Dans ce suivi de 1500 personnes en Australie, âgées de 65 ans, l’adhésion au régime méditerranéen n’est pas associée au déclin cognitif ni à la maladie d’Alzheimer. The Mediterranean Diet is Not Related to Cognitive Change in a Large Prospective Investigation: The PATH Through Life Study. Cherbuin N et coll, 2011. Am J Geriatr Psychiatry. 2011 Sep 20.   https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/21937919

Dans ce suivi de 525 personnes en Finlande, âgées en moyenne de 57 ans et suivies 14 ans,  un régime favorable est associé à une réduction de risque de démence de 88% et de maladie d’Alzheimer de 92%. Ce régime favorable comprend des légumes et légumes-racines, baies et fruits, pain, poisson, café et matières grasses insaturées (végétales). Pondèrent négativement : saucisses, œufs, bonbons, boissons sucrées, sucre dans le café, poisson salé, graisses saturées du lait et le sel. L’alcool est considéré comme favorable sous forme modérée et défavorable sous forme nulle ou excessive. Pour le sel on donne un point si pas d’utilisation de sel à table, pour les matières grasses de cuisine on donne un si elles sont végétales ou margarine. Midlife Healthy-Diet Index and Late-Life Dementia and Alzheimer’s Disease. Dement Geriatr Cogn Disord Extra Eskelinen MJ et coll, 2011, DOI: 10.1159/000327518. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22163237

Dans ce suivi de 1220 personnes âgées de plus de 65 ans sur 4 ans aux USA, une meilleure adhésion à un régime type méditerranéen est associée à une baisse de survenue de maladie d’Alzheimer de 34%. Mediterranean diet, inflammatory and metabolic biomarkers, and risk of Alzheimer’s disease. Gu Y et coll, J Alzheimers Dis. 2010;22(2):483-92.  https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/20847399

Suivi de 2100 personnes aux USA âgées de plus de 65 ans, un modèle alimentaire protecteur comprend de l’assaisonnement de salade, des noix, du poisson, des tomates, des volailles, des crucifères, des fruits des feuilles vert foncé et peu de produits laitiers gras, viande rouge, abats et beurre. Un bon suivi de ce modèle est associé à une baisse de 38% de survenue de maladie d’Alzheimer en comparaison d’un faible suivi. Food Combination and Alzheimer Disease Risk. A Protective Diet. Gu Y et coll, Arch Neurol. 2010;doi:10.1001/archneurol.2010.84.  https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/20385883

Dans ce suivi de volontaires aux USA, le suivi d’un régime de type méditerranéen est associé à une diminution de survenue du déclin cognitif léger chez ceux qui étaient initialement normaux, et une diminution de maladie d’Alzheimer chez les porteurs de déclin cognitif (diminution de près de 50% entre forts et faibles consommateurs). Mediterranean Diet and Mild Cognitive Impairment. Arch Neurol Scarmeas N et coll, 2009, 66(2):216-225. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/19204158

Dans ce suivi de 1410 personnes à Bordeaux âgées de plus de 65 ans, au moins 5 ans, une adhésion plus élevée à un régime méditerranéen  est associée un à déclin cognitif plus lent, mais pas à une diminution de survenue de maladie d’Alzheimer. Adherence to a Mediterranean Diet, Cognitive Decline, and Risk of Dementia. JAMA Féart C et coll, 2009. 302(6):638-648. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/19671905

Dans ce suivi de 1880 personnes, une bonne adhésion à un régime de type méditerranéen est associée à une réduction de risque de maladie d’Alzheimer de 40%. Physical Activity, Diet, and Risk of Alzheimer Disease. JAMA Scarmeas N et coll, 2009, 302(6):627-637.  https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/19671904

Dans ce suivi de 2258 personnes sur 4 ans aux USA, une bonne adhésion à un régime de type méditerranéen est  associée à une réduction de risque de maladie d’Alzheimer de 40% par rapport à une faible adhésion. Ce régime comprend en positif des fruits, des légumes, des céréales, du poisson ; en négatif, viande et produits laitiers ; l’alcool en consommation modérée seulement est favorable. Mediterranean Diet and Risk for Alzheimer’s Disease. Scarmeas N et coll, 2006. Ann Neurol 2006;59:912–921.  https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/16622828

Dans cette étude comparant des personnes atteintes de maladie d’Alzheimer à des témoins, les auteurs observent qu’une plus forte adhésion  à un régime de type méditerranéen est associée à une diminution de risque de la maladie de 68%, en comparaison d’une faible adhésion. Mediterranean Diet, Alzheimer Disease, and Vascular Mediation. Scarmeas N et coll, 2006. Arch Neurol doi:10.1001/archneur.63.12.noc60109.  https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/17030648

Maladie d’Alzheimer et poisson

Dans cette étude de suivi de personnes âgées de 81 ans en moyenne, sur 5 ans, la consommation de fruits de mer une fois par semaine, et d’oméga-3 marins sont associés à une diminution du déclin cognitif. APOE ε4 and the associations of seafood and long-chain omega-3 fatty acids with cognitive decline. Van de Rest O et coll, 2016. Neurology, 10.1212/WNL.0000000000002719. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27164694

Dans cette étude de suivi de population, on observe que des adultes âgés de plus de 65 ans, qui prennent du poisson au moins 1 fois par semaine (par rapport à moins d’une fois) réduisent leur déclin intellectuel ; le gain correspond à 1,6 an de « rajeunissement » chaque année. Observation réalisée en Chine sur un suivi de 7 ans. Journal of Nutrition, Qin B. et coll. Fish Intake Is Associated with Slower Cognitive Decline in Chinese Older Adults. 2014, july 30, doi: 10.3945/​jn.114.193854. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25080536

Les auteurs observent une association entre le niveau élevé d’un indicateur de consommation de poisson (un oméga 3 mesuré dans les globules rouges) et le volume du cerveau 8 ans plus tard, sachant que le volume cérébral baisse progressivement avec l’âge. Etude réalisée chez des femmes âgées aux USA. Neurology, Pottala JV. et coll. Higher RBC EPA + DHA corresponds with larger total brain and hippocampal volumes. WHIMS-MRI Study. 2014, January 22, 2014, doi: 10.1212/WNL.0000000000000080.  https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24453077

Chez des personnes âgées, lorsqu’un indicateur de consommation de poisson (omégas 3 mesurés dans sang) est plus élevé, on observe moins de micro-infarctus du cerveau (bien que non détectables en pratique clinique, ces micro-infarctus altèrent les performances intellectuelles). Etude réalisée aux USA. Journal of American Heart Association, Virtanen J.K. et coll. Circulating Omega-3 Polyunsaturated Fatty Acids and Subclinical Brain Abnormalities on MRI in Older Adults: The Cardiovascular Health Study. 2013;2:e000305 doi: 10.1161/JAHA.113.000305. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24113325

Des personnes âgées bien portantes qui consomment du poisson une fois par semaine ou plus, présentent 60% de risque de maladie d’Alzheimer en moins. Observation réalisée aux USA. Archives of Neurology, 2003. Morris MC et coll. Consumption of fish and n-3 fatty acids and risk of incident Alzheimer disease, 60(7):940-6. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/12873849

Selon cette observation, la consommation de poisson ou de fruits de mer au moins une fois par semaine est associée à une diminution de risque des démences. Les omégas 3 pourraient avoir un rôle anti-inflammatoire. Fish, meat, and risk of dementia: cohort study. Barberger­Gateau P et coll, 2002, BMJ, 325:932-933.  https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/12399342

Fonctionnement cérébral et chocolat

Au cours de cette étude expérimentale sur 8 semaines, des personnes âgées testent des boissons riches, intermédiaires ou pauvres en flavanols de cacao ; certains tests de cognition sont améliorés après prise de boissons riches ou intermédiaires, en comparaison de boissons pauvre en flavanols. On note aussi une amélioration de la résistance insulinique, de la pression artérielle et de la peroxydation lipidique. American Journal of Clinical Nutrition, Mastroiacovo D. et coll. Cocoa flavanol consumption improves cognitive function, blood pressure control, and metabolic profile in elderly subjects: the Cocoa, Cognition, and Aging (CoCoA) Study—a randomized controlled trial. 2015, doi: 10.3945/ajcn.114.092189.  https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25733639

Du cacao riche en flavanols est de nature à optimiser le fonctionnement de zones cérébrales impliquées dans le déclin mémoriel lié à l’âge. Nature Neuroscience, Brickman A.M. Enhancing dentate gyrus function with dietary flavanols improves cognition in older adults. 2014 Oct 26. doi: 10.1038/nn.3850. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25344629

La consommation de cacao sur 30 jours améliore la circulation cérébrale des zones du cerveau stimulées au cours du fonctionnement cognitif. Neurology, Sorond F.A. et coll. Neurovascular coupling, cerebral white matter integrity, and response to cocoa in older people. 2013, DOI: 10.1212/WNL.0b013e3182a351aa.  https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23925758

 Fonctions cognitives, noix et baies

 Dans cette étude de suivi de femmes aux USA, la prise de 5 portions de noix par semaine au moins est associée à des scores cognitifs plus élevés par rapport aux non-consommateurs, correspondant à un gain de 2 ans, mais sans effets sur le déclin cognitif. Journal of Health, Nutrition and Aging, O’Brien J. et coll. Long-term intake of nuts in relation to cognitive function in older women. 2014, 18(5):496-502.  https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24886736

Dans ce suivi de femmes âgées de plus de 70 ans aux USA, la consommation de baies (myrtilles, fraises…) est associée à une diminution du déclin cognitif, équivalente à 1,5 à 2,5 ans. Archives of Neurology, Devore E. et coll. Dietary intakes of berries and flavonoids in relation to cognitive decline, 2012, DOI: 10.1002/ana.23594.  https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22535616

Fonctions cognitives, maladie d’Alzheimer et alcool

Dans ce bilan de l’ensemble des études Nurses’ Health Study aux USA, les auteurs indiquent qu’une consommation d’alcool jusqu’à une boisson par jour, est associée à une réduction de la survenue de l’hypertension artérielle, l’infarctus du myocarde, l’AVC, la mort subite, le déclin cognitif et la mortalité toutes causes, en comparaison de l’abstinence, et de la consommation de plus d’une boisson par jour. Key Findings on Alcohol Consumption and a Variety of Health Outcomes From the Nurses’ Health Study. Am J Public Health, Mostofsky E et coll,  2016. doi:10.2105/AJPH.2016.303336.  https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27459455

Dans cette étude d’observation, une consommation d’alcool au cours de la phase de vie « sénior » est associée à  une amélioration de la mémoire épisodique et du volume d’une partie de la partie correspondante du cerveau, l’hippocampe, en comparaison de l’abstinence. Effects of Alcohol Consumption on Cognition and Regional Brain Volumes Among Older Adults. Downer B et coll, 2014. Am J Alzheimers Dis Other Demen. pii: 1533317514549411.  https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25202027

Dans ce suivi de personnes non-démentes en Allemagne, âgées de 75 ans et plus, suivies 3 ans, la consommation d’alcool réduit l’incidence des démences de 29% et de la maladie d’Alzheimer de 42%. Current alcohol consumption and its relationship to incident dementia: results from a 3-year follow-up study among primary care attenders aged 75 years and older. Weyerer S et coll, 2011. Age Ageing, doi: 10.1093/ageing/afr007.  https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/21367764

A partir du suivi d’une population d’âge moyen à 76 ans aux USA, les auteurs établissent un indice de risque de démence sur 6 ans : un âge élevé (1 à 2 points), un test de performances cognitives perturbé (2 à 4 points), un indice de masse corporelle inférieur à 18,5 kg/m² (2 points), le port d’un allèle apo E4 (1 point), certaines anomalies à l’imagerie cérébrale (1 point), un élargissement de l’intima carotidienne à l’échographie (1 point), des antécédents de pontage (1 point), une lenteur de d’exécution d’actes physiques (1 point), une absence de consommation d’alcool (1 point). Dès lors dans cette population, une démence se développe dans les 6 ans qui suivent chez 4% de ceux qui ont un faible score, 23% de ceux qui ont un score moyen, et 56% de ceux qui ont un score élevé. Predicting risk of dementia in older adults. The late-life dementia risk index. Barnes DE et coll, 2009, Neurology, 73:173–179.  https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/19439724

Dans ce suivi de personnes âgées de 65 à 84 ans, chez celles qui sont atteintes de déficit cognitif léger  la prise de moins de une boisson alcoolisée par jour, en comparaison de zéro, est associée à une diminution de survenue de la maladie d’Alzheimer de 85%.  Une prise supérieure n’est associée à aucun effet. Il n’y a pas d’effets chez les personnes qui étaient normales au plan cognitif. Alcohol consumption, mild cognitive impairment, and progression to dementia. Solfrizzi V et coll, Neurology 2007, 68(21):1790-9. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/17515541

Dans ce suivi d’une population âgée de plus de 50 ans au Royaume-Uni, une consommation modérée d’alcool est associée à une meilleure cognition, en comparaison de personnes qui n’ont jamais bu. Moderate alcohol consumption in older adults is associated with better cognition and well-being  than abstinence. Lang I et coll, Age and Ageing 2007, 36: 256–261.  https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/17353234

Dans cette observation chez des vétérans aux USA, une consommation d’une boisson au plus par jour est associée à de meilleures performances cognitives en comparaison d’aucune boisson, y compris chez ceux qui n’ont jamais bu. Light to moderate alcohol consumption is associated with better cognitive function among older male veterans receiving primary care. J Geriatr Psychiatry Neurol, Reid MC et coll, 2006, 19:98-105.  https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/16690995

Dans ce suivi de femmes âgées de 65 à 80 ans aux USA, suivies en moyenne 4 ans et demi, une consommation modérée d’alcool à trois boissons au plus par jour est associée à des meilleures performances aux tests cognitifs, en comparaison aux femmes qui n’ont jamais bu. Association between alcohol intake and domain-specific cognitive function in older women. Espeland MA et coll, 2006. Neuroepidemiology. 2006;27:1-12.  https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/16717476

Dans cette observation aux USA, les auteurs observent qu’une consommation d’alcool est positivement associée aux tests cognitifs, en comparaison à des personnes qui n’ont jamais bu. Reported Alcohol Consumption and Cognitive Decline: The Northern Manhattan Study. Wright CB et coll, Neuroepidemiology 2006;27:201–207.  https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/17047373

Dans ce suivi d’une population de femmes âgées de 70 à 81 ans de la Nurses’Health Study, sur plus de 12000 personnes, la prise de 15 g d’alcool par jour au plus, soit une boisson par jour, est associée à une réduction de survenue de 23% de risque de trouble cognitifs. Le prise de 15 à 30 g/j est sans effets. Effects of Moderate Alcohol Consumption on Cognitive Function in Women. Stampfer MJ et coll, 2005. N Engl J Med, 352:245-53.  https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/15659724

Dans ce suivi d’une population de personnes âgées de 65 ans et plus aux USA, une consommation de moins d’une boisson par jour réduit la survenue de la démence de 54% par rapport aux abstinents. Prospective Study of Alcohol Consumption and Risk of Dementia in Older Adults. Mukamal KJ et coll, JAMA, 2003;289:1405-1413.  https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/12636463

Dans ce suivi de près de 8000 personnes au Pays-Bas, âgées d’au moins 55 ans, non démentes au départ, sur 6 ans en moyenne, une consommation de 1 à 3 boissons par jour est associée à une diminution de la survenue de démences de 42% et de démence vasculaire de 71%.  Alcohol consumption and dementia : the Rotterdam Study. Ruitenberg A. et coll. Lancet, 2002, 359:281-86. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/11830193

Mai 2017 © VDLG

 

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