Le régime paléolithique


En un clin d’œil

Le régime paléolithique autorise fruits et légumes, viande maigre, poisson et noix, et un peu d’huile et de boissons alcoolisées. Au contraire, il restreint charcuteries, produits laitiers, céréaliers, légumineuses, sucre et sel ajoutés. Il est en principe globalement équilibré, mis à part un déficit en calcium et en vitamine D, et potentiellement, en iode. Il semble plutôt favorable en comparaison des régimes « western », déséquilibrés, en occident. Il est cependant peu varié, la pauvreté en calcium et en iode est un problème et il n’y a pas d’intérêt, au contraire, à écarter céréales complètes et produits laitiers.

Photo Pixabay – tonyleeglenn

 


Une quête d’authenticité

Le régime paléolithique répond à une quête d’authenticité, une sorte d’adéquation de l’homme à la nature originelle, un retour aux racines (dans tous les sens du terme). Un peu comme s’il existait avant, au temps des chasseurs-cueilleurs, une harmonie naturelle dans l’environnement, à retrouver après la domestication de la nature par l’intelligence humaine.

Le régime des chasseurs cueilleurs, mais encore ?

Pour certains anthropologues, il n’y a pas un régime paléolithique, mais plusieurs, ne serait-ce que parce que les ressources naturelles n’étaient pas les mêmes partout sur la planète : davantage de produits végétaux vers les latitudes équatoriennes, davantage de produits animaux quand on s’en éloigne. De plus, la prise alimentaire était sans doute bien moins structurée que ce qu’on peut imaginer, la faible disponibilité des denrées comestibles élargissant l’éventail des produits consommés. En pratique, on conçoit aujourd’hui le régime « paléo » de ces chasseurs cueilleurs de cette façon :

les noix, aliments du régime paléolithique

Photo Pixabay – HelgaKa

Autorisés :

  • beaucoup de fruits et légumes, avec une grande diversité de consommation,
  • de la viande plutôt maigre,
  • du poisson,
  • des noix ;

A éviter :

  • charcuterie,
  • produits laitiers,
  • produits céréaliers (pains, gâteaux…),
  • légumineuses,
  • sel et sucres ajoutés,

Et aussi :

  • un peu d’huile et de boissons alcoolisées sont autorisés.

Photo Pixabay – anneileino

Des besoins nutritionnels plus ou moins bien couverts

Côté apport nutritionnel, le régime paléo est hyperprotéiné, relativement pauvre en glucides, et sa composition en matières grasses (notamment saturées) correspond à nos recommandations françaises. Mis à part le calcium et la vitamine D, les besoins en vitamines et minéraux sont bien couverts, dépassant les recommandations. Le déficit  en calcium est lié  à la faible prise de produits laitiers. A la période paléolithique, les besoins en  vitamine D étaient assurés par l’exposition solaire ; le poisson pouvait aussi en apporter.  Un déficit en iode a aussi été récemment signalé : par manque de produits laitiers, de sel de table iodé, associé aussi à une prise de produits de la mer insuffisante. Dès lors, vigilance au cours de la grossesse : mieux vaut éviter ce régime, sinon, prendre des compléments alimentaires.

Côté santé, on observe effectivement que le régime paléolithique diminue les lipides du sang (cholestérol et notamment le LDL, triglycérides), améliore le contrôle du diabète (hémoglobine A1C), diminue la pression artérielle et le poids, par rapport à un régime classique.

Photo Pixabay – skeeze

Le monde a évolué

Quelques écueils cependant : l’ère paléolithique est derrière nous, et l’environnement n’apparaît plus tout à fait de la même façon. Ainsi la variété d’herbes et de végétaux consommés alors apportait des espèces très riches en calcium que nous ne consommons plus, d’où le déficit qui en découle aujourd’hui ;  et le plomb, maintenant largement répandu dans l’environnement, se concentre dans les os ; certaines recettes avec du bouillon d’os apparaissent  fortement contaminées avec ce métal. Il faut aussi se prémunir de dérives de ce type de régime, comme « un lait infantile » fait maison, à partir de foie et de bouillon d’os proposé par un Chef australien, à vrai dire particulièrement dangereux pour les nourrissons.

Enfin, si ce régime apparaît relativement équilibré (admettons qu’on y ajoute de l’eau minérale riche en calcium, qu’il soit riche en produits de la mer), il n’est peut-être pas si facile, dans nos sociétés occidentales, de se passer de tout apport en produits laitiers et en céréales, et ce surtout dans la durée (long terme), ce d’autant qu’en termes de santé cela ne se justifie pas.

Photo Pixabay – falco

A chacun son choix

Ainsi finalement, pour toute personne qui aime le régime paléo, pourquoi pas, mais attention aux extrapolations ou déviations farfelues ; ne pas oublier le calcium et l’iode ; et en cas de lassitude, le consommateur ne perdra rien en y ajoutant des produits laitiers ou des céréales complètes.

Dans une société en quête de repères alimentaires, la supériorité intuitive pour leurs bienfaits sur la santé, des aliments originels en comparaison des aliments transformés est un concept fort, la nature ne faisant pas les choses au hasard. Force est de constater que l’espérance de vie était tout de même beaucoup plus basse que maintenant, et qu’il y tout de même du bon à prendre dans la modernité- à chacun de faire son marché.

Photo Pixabay – Simons41

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